10 fondamentaux pour tourner vos premieres videos

By Stephanie | Création de contenu

Avr 20

10 fondamentaux pour tourner vos premieres videos

Vous souhaitez vous essayer à la caméra, là, tout de suite, avec vos moyens actuels? Voici 10 principes à assimiler pour réaliser vos premières vidéos.
Mettons enfin les doigts dans le cambouis.
Pratiquer, ajuster, recommencer 🙂

C'est pas qu'on s'approche d'un article-botin mais j'ai ajouté un sommaire. 
Pour y aller par petites bouchées. 
Et ne pas partir en courant 🙂

Sommaire:

Ces principes élémentaires servent surtout de repères, inspirez-vous pour démarrer 🙂 
Libre à vous de gambader vers d'autres ressources pour élargir vos possibilités.  Augmentez votre curiosité, diversifiez vos modes d'expression.

N'attendez pas la perfection pour vous montrer ou montrer votre travail. Vous risquez de vous fixer un niveau trop élevé « élaboré en général dans votre tête » ou pire: vous comparer à quelqu'un qui a déjà des années de pratique 😉 

Filmez, transmettez, vous affinerez ensuite. Le plus important est de vous améliorer au fil du temps.

A la bonne heure 

Préparation

Si vous le pouvez : faites vos tournages le matin, lorsque vous êtes au maximum de votre énergie, de votre concentration, de votre volonté et au maximum de la lumière surtout 🙂
Commencer tôt permet d'être frais et dispo: tourner prend beaucoup d'énergie autant dans la préparation que dans le tournage lui-même, puisque vous allez tout faire vous-même. ​
Remplissez votre jauge de patience et d'adaptabilité, vous en aurez besoin.

Sauf si le contexte vous demande de capter un événement le soir. Ça demande plus de ressources pour la gestion de la lumière, des détails et de votre état de fatigue.

Anticipez sur matériel et accessoires 

Smartphone, spots en cas de "panne solaire", multiprises, rallonges électriques, ordinateur portable, batteries + chargeur, cartes mémoires (SD), réflecteurs, diffuseurs, trépied et pinces... + Accessoires de rechange.
Sources d'alimentation ( humaine et électrique ) Un sac à dos solide en cas de tournage extérieur.
Enroulez vos fils soigneusement pour les faire durer plus longtemps  🙂


Tous ces éléments deviennent vite un caillou dans la chaussure quand l'un d'eux nous manque.

Checklist

Votre mission: être capable de faire face à toutes les situations

Matériel: 


Quel est le bon matériel pour filmer?
Une camera "Der" à 32000 dollars ou un dslr de chez "Panon" ou "Canasonic" à 1200 euros?

Mon cœur balance ... 

Allons allons ^^

Vous avez un smartphone?
Parfait, c'est justement un bon matériel 🙂

Néanmoins: investissez dans un micro ou bien demandez à des amis s'ils peuvent vous en prêter un de qualité, pour faire vos premiers pas. C'est indispensable d'être audible. C'est prioritaire à tout le reste.

Les sites de matériel ne manquent pas, mais voici quelques pistes parmi les plus abordables rapport qualité-prix:
Micro cravate
SmartLav , la protection mousse est comprise dedans. Mais pas la fourrure anti-vent qu'il faudra ajouter, à moins de trouver l'ensemble sur Amazon.
Pensez à un adaptateur TRRS
 si vous souhaitez enregistrer le son sur un enregistreur type Zoom, ou véritable caméra. 
Possibilité de câble très long pour ce micro filaire ( avec fil)

Ou bien micro de chez Boya ( existe aussi en version sans fil, mais plus cher )

Ou encore
micro à double tête pour les interviews

Commencez, vous améliorerez ensuite. Par petite touche et en fonction de vos besoins.

On croit que la qualité du matériel fera la qualité du contenu.
Hormis le micro, pas tout à fait non.
Mais c'est une réaction logique: la qualité visuelle fait office de « première impression » comme pour une rencontre réelle. On souhaite faire bonne figure. Alors on voudrait parfois filmer en ultraHD avec des génériques d' intro dignes d'un "Casino Royale" ou d'un "Game of Thrones".

Un peu de patience 🙂

Il y aura toujours plusieurs écoles: adeptes du matériel max quali « Parce que la qualité tu comprends... »
Ceux pour qui le message est prioritaire à l'image 4k
Ceux qui ne se sont pas encore décidés...
Ceux qui fustigent les trois premiers
Etc... 🙂
On peut avoir le plus beau matériel du monde, si on fourni un contenu anémié, on ne trompe personne 🙂  Vous avez des exemples criants sur votre écran de télévision. Mais là n'est pas le sujet 🙂

Pour le moment 
la priorité c'est le son, quelle que soit l'expertise que vous transmettez. D'où les quelques liens ci-dessus ( non exhaustifs du tout ), ayant moi-même connu quelques déboires audio 🙂

smartphone à bout de bras

Smartphone, l'appareil idéal pour commencer

Pour le reste du matériel, tout dépend de votre projet et de votre approche.
Vos besoins ne sont pas les mêmes en fonction de ce que vous souhaitez enseigner.

Vous êtes justement photographe, conteur ou musicien?

Vous voulez donner des cours de piano en ligne? Des cours de dessins ?

Des formations en huiles essentielles et aromathérapie?

Vous enseignez la menuiserie? La mosaïque?

Vous faites de l'accompagnement en ligne?

En prise de parole en public?

En gestion émotionnelle?

En marketing relationnel?

Orientez vos besoins en fonction de l'essence de votre projet: le récit, l'élocution, la pédagogie, l'empathie, l'émotion, l'image, le son, le mouvement, la lumière...

Une chose est sûre : tout ceux qui verront votre évolution verront derrière : les efforts, la maturité, le travail. 
Ils verront la progression continue, d'une personne qui ne cesse d'apprendre et de le partager sans se cacher.
V
ous les inspirerez pour ça.

Apparaître sans bavure peut certes impressionner
mais aussi mener au découragement, d'une audience peut-être en retard par rapport à vous

- parfait
+ humain
= plus accessible

« Internet n'est pas la télévision. Même si cette dernière s'inspire d' internet pour se renouveler, elle reste un concept à sens unique, sans interaction. »
Stephanie Cot, prix nobel du tube cathodique 🙂


Décor composition au millimètre


Q
uel est le meilleur décor et le plus fabuleux pour commencer?

Celui que vous avez sous la main.
Si cela correspond à votre thématique.
Donner des cours de méditation sur fond de bretelle A75 ne sera peut-être pas adapté.
Quoique...
Ne serait-ce pas la parfaite illustration du détachement?  🙂

Quelques pistes donc:

L'architecture urbaine offre des perspectives et motifs: béton, briques, bois, escaliers, ponts... Rien ne vous empêche d'agrémenter avec un monument si vous avez une tour Eiffel, une place Saint Marc ou un Taj Mahal à portée de viseur 🙂
Mais il faudra composer avec quelques touristes 😉

La nature donne une belle lumière naturelle, des couleurs, des sons et des mouvements apaisants. Sauf grosses intempéries du type Jour d'Après.

En intérieur, un fond uni fait l'affaire, à moindre coût, avec un fond blanc ou noir. Évitez de porter des vêtements à motifs. Les carreaux, rayures et petits dessins brouillent l'image et créent des artefacts. Adaptez un poil le choix vestimentaire pour ressortir par dessus votre fond. Quelques pistes ici, mais le choix des couleurs est restreint. 

Priorité aux contrastes et aux couleurs complémentaires/camaïeux si vous voulez ressortir de façon plus esthétique.
Pour rester sobre: chemise noire, fond noir; blouse blanche, fond blanc. Mais on risque de ne pas bien vous voir 🙂 

Surtout projeté sur smartphone.

Sur fond sombre et basse lumière (low key), la lumière donne une intensité plus théâtrale, dramatique. En éclairant surtout le sujet, ou ses contours: exemple avec les publicité pour lingerie Aubade.

Sur fond clair, en hautes lumières, (high key), l'éclairage se rapproche des tendances « catalogues », très épurées (prêt à porter)

Si vous utilisez un fond:
attention à votre ombre portée. Ajoutez un ou deux spots orientés seulement sur le fond pour effacer votre ombre derrière vous

Tournage devant un fond

Tournage en intérieur, priorité aux contrastes pour être visible

Vous êtes sur une scène, dans une salle de spectacle?

Autant vous dire qu'avec un smartphone et sans assistance, ce sera proche du cauchemar 🙂
Même avec le SuperPhone 7800 turbo Injection de Mapple ou de Samsoul.
- très basses lumières, 

- spots colorés,
- changement d'éclairages,
- mouvements sur scène comme dans le public
- sujet minuscule éloigné de l'objectif, 
- image mouchetée si vous montez trop les ISO pour compenser le manque de lumière, 
- flou de bougé...
Beaucoup de défis.
C'est pour ça qu'il y a des équipes complètes pour les captations dans ce genre de salles. Le budget sera plus important.
Je vous mentirais complètement en vous disant: « Allez-y, c'est super facile en solo. » 

Toutefois vous pouvez faire quelques tests pour vous confronter à cet environnement. Essayez par vous-même: ça n'a pas de prix pour vous faire une idée.

Trouvez une salle à disposition, pour faire un repérage. Amenez quelqu'un avec vous. Il sera votre cobaye.
Installez des sources de lumière supplémentaires assez fortes pour atteindre le sujet.

Ne pas négliger la puissance des spots de chantier à led 🙂
Rallonges électriques et multiprises à prévoir.
Vous pouvez utiliser plusieurs appareils sur trépieds placés et réglés pour l'occasion.
Rien de vous empêche de dessiner une zone à la « TedX » sur la scène pour délimiter vos déplacements et simplifier les cadrages.
Sur-élevez les cameras si vous vous placez dans l'allée plutôt que tout devant. Ça évite des mouvements de tête et les nombreux passages dans le champ, lors des nombreuses pauses pipi de votre auditoire.

Faites beaucoup de tests préparatoires. 

Dans le doute, louez une vraie camera. Mais il faudra vous former à son utilisation.
Pour le son: micro sans fil, et synchronisation après captation, sur un logiciel de montage.


Tout ceci dans la discrétion absolue.
Vous ne devez pas gêner votre public le jour de la captation. Lui aussi meurt d'envie de profiter de votre représentation 🙂 

Si tout ça ne vous a pas découragé: vous avez un solide mental en pierre de taille 😉 


Vous tournez dans une salle de formation?

C'est moins pire 🙂

Placez votre smartphone ( trépied) assez prêt de vous, pour cadrer en buste. Faites vos essais.

Encore une fois testez le micro avant tout le reste. Rien de moins professionnel que d'être filmé de loin avec le son « ambiant » de votre voix qui résonne comme dans une salle de classe.


Si vous avez trop de résonances: prévoyez un grand tapis sur le sol, dans la zone de tournage. C'est peut-être moins classe mais çà absorbe une partie des fréquences sonores, sans entrer dans le champ 🙂

L'éclairage est plus gérable que dans une salle de spectacle: vous aurez des murs sont clairs et de possibles fenêtres. Mais si c'est glauque avec des néons qui datent des années 75 avec une couche de crasse et de nicotine collée dessus, apportez votre propre éclairage. Si votre image est floue ou mouchetée, déplacez ou ajoutez des lumières. Ne forcez pas trop sur les ISO, ça ajoute du bruit sur l'image.

Faites en sorte de ranger les fils et rallonges en dehors des zones de passage. Aidez-vous de chatterton directement au sol. Pensez à nettoyer après votre passage. Toujours.

Avec un deuxième appareil qui cadre plus large ou plus serré, vous pouvez obtenir un montage plus dynamique en alternant les deux points de vue. On verra ça bientôt.

Placement :

Nombre d'or , règle des tiers, lignes de force: toutes ces règles utilisées en photo,  architecture, peinture et cinéma, sont aussi applicables en vidéo.
Existent aussi le « pif-au-mètre » et la « vue de nez » qui donnent parfois quelque chose à l'occasion. Mais ce n'est pas garanti 🙂

L'essentiel c'est de casser la monotonie.

Dans une vidéo, l’œil s'habitue à l'immobilité. Il se concentre sur ce qui bouge. Ancien réflexe lié à la survie: mouvement = danger éventuel: mammouth ronchon, dents de sabre aux aguets, paresseux agaçant...
D'où les nombreuses vidéos inondées de recadrages, de jump-cut et transitions sophistiquées.

Changer d'angle ou de cadre fait une rupture et ça "reboot" l'attention. Vous pouvez faire ces changements entre 2 raccords de plans si votre contenu vidéo est long... Ou très long... Mais n'en abusez pas. Adaptez-vous à votre avatar.

Utilisez les lignes de tiers verticales si vous avez un interlocuteur, chacun sur une ligne équilibre l'image. Vous pouvez aussi, si vous êtes seul, placer du texte ou des visuels. Chacun sur sa ligne de tiers.

Si vous faites un cadrage buste ( tête sur le tiers supérieur de l'image) vous pourrez jouer avec vos mains. Les mains appuient le discours et ajoutent du mouvement.

Autre méthode pour casser la monotonie, alternez entre vos plans live et des images d'illustration avec votre voix en off.
Vous parlez d'écologie ou de peinture ?
Ajoutez des visuels qui illustrent parfaitement vos propos sur l'écologie. Et sur la peinture.

Tournage en interieur, eclairage indispensable

L'eclairage est fortement recommandé

La lumière blanche ne l'est pas 🙂

"La lumière est constituée de l' ensemble des couleurs du spectre, qui additionnées, donnent le blanc." 
Vous souvenez-vous de vos cours de physique?  😀
Ce site en parle de façon accessible. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est la température de couleur.  Elle varie en fonction de l'heure de la journée en extérieur (lever de soleil, zénith, coucher, crépuscule) et/ou de la source lumineuse (soleil, ampoule à incandescence, led, bougie)

Cette température de couleur est traduite en
kelvin ( °k)
A 1800k c'est plutôt un blanc chaud, à 9000k ça devient un blanc froid type lumière du jour.
A vous de choisir votre ambiance, en choisissant vos types d'éclairage: soft box, spot led
Non je n'ai pas d'actions chez monsieur Bezos, je vous rassure 🙂
Vous pouvez faire vos recherches chez d'autres fournisseurs. Ou mieux encore, récupérez du matériel d'occasion si vous le pouvez, ça permet de donner une deuxième vie à des objets encore très en forme.


Comment éclairer

Vous tournez en extérieur, c'est éblouissant et vous avez les yeux qui plissent comme une vieille pomme de l'an dernier ?
Optez pour un
diffuseur 🙂
Le diffuseur atténue les rayons du soleil en les diffusant et adoucit la lumière qui tombe sur vous.
Plusieurs techniques très high-tech: parasol blanc, vieux drap épais blanc, du papier calque, papier sulfurisé. Ou bien achetez un diffuseur circulaire chez le marchand. Celui-ci a l'avantage de contenir un diffuseur, un réflecteur argenté et un doré.


Comment maintenir tout ça ? 

Réutilisez des pieds de
soft box si vous en avez, ou profitez d'un montant de porte additionné de pinces, ou de serre-joints si vous avez un ami bricoleur, d'une corde à linge, étendoir, manche à balai, porte de frigo, coin de meuble, poignée de fenêtre: tout est potentiellement utilisable, pas de chichi, tant que ça reste bien hors cadre 🙂


En intérieur

Il faut recréer une ambiance lumineuse suffisante pour éclairer, déboucher, détourer.

Keylight face à vous ou sur un côté à 45 degrés (spot avec réflecteur, ou bien softbox)
Fill light pour déboucher votre silhouette à l'opposé de votre key (softbox ou simple réflecteur attaché en hauteur)
Back light pour éclairer le fond, derrière vous et éventuellement créer un halo
Rim light pour créer un contour lumineux qui détoure le sujet

Profitez de vos fenêtres, elles font gratuitement office de softbox, si vous avez des voilages blancs pour diffuser par beau temps. S'il fait gris approchez-vous au max de vos fenêtres à cause de soucis d
'éclairement. Complétez avec un éclairage artificiel (fill light )
Attention au contre-jour si vous tournez devant une fenêtre: utilisez un réflecteur ou un spot d'appoint pour déboucher votre silhouette.

Matériel pour éclairer comme un pro, 5 éléments de base pour créer une ambiance, éclairage intérieur, extérieur, high key et low key:​ pour aller plus loin dans l'éclairage c'est par ici.
Eclairage, la temperature de couleur

Eclairage, la temperature de couleur

L'éclairement: par exemple en vous éloignant d'une fenêtre, en intérieur, votre sujet sera moins éclairé « du carré de la distance ». Idem depuis tout éclairage artificiel ponctuel. Les lumières artificielles et les fenêtres vivent très mal l'éloignement. Ajoutez un réflecteur pour récupérer de la lumière et l'envoyer dans une zone bouchée.
Détail vestimentaire:
Évitez les vêtements très sombres. Les appareils vidéo moulinent pour faire la mise au point surtout si vous êtes en intérieur. Pire en contre-jour. C'est un « trou noir » pour la lumière en plus de l'humeur.

La profondeur de champ 

Pour résumer c’est la zone de netteté dans votre image. L'endroit où le sujet est net. Habituellement c'est sur un appareil photo qu'on peut parler de profondeur de champ. Mais les smartphones permettent un léger flou qui pourrait de loin faire illusion. On peut essayer de l'exploiter.
Allez dans les réglages de votre appareil, l'option portrait ou bien macro ( icône fleur).
Avec un arrière plan flou, ça fait ressortir tout ce qui se passe en premier plan et estompe tout le reste.
Gain d'attention.

Distance et mise au point, la profondeur de champs

Distance et mise au point, la profondeur de champs

Opération camouflage 


- Brillance
On a le cuir qui brille comme une tablette milka au soleil ?
Essayez le talc pour bébé déposé avec modération avec un pinceau kabuki ou blaireau de rasage. Pas trop sinon vous pourrez tourner le remake des liaisons dangereuses 🙂
Éviter les poudres colorées vous évitera aussi les pâtés colorés. ​

- Reflets lunettes
Changer d'angle pour éviter le regard de Kevin dans Sin City ?

- problèmes de peau ?
Préférez la lumière diffuse, elle estompe les reliefs.
Évitez les lumières latérales ou rasantes (rimlight)
La publicité l'a outrageusement bien compris avec les crèmes rajeunissantes.
Pour un avant-après bien trafiqué.
(faire un article dédié sera une joie:) )

Posture et effet perçu

Votre intention se perçoit dans votre posture, et dans votre intonation.
Si vous vous ennuyez, ça se sentira.
Si vous êtes à fond dans votre message : ça se sentira.
Quelle est votre intention de départ ?

Avancez-vous vers la camera : en direction de l'auditeur/audience, baissez la tête pour éviter de regarder la camera de haut et avoir les paupières à demi-closes. Mais pas trop. Ça vous oblige à ouvrir les yeux et ça accentue votre regard.

Évitez le cadrage moyen de profil: risque d'effet "dos voûté".
Évitez de vous appuyer sur un support, les épaules remontent et on enfouit la tête, façon tortue.

Évitez au maximum de toucher votre visage ou votre corps trop souvent, ça parasite un poil l'attention 🙂

Peur, trac, stress face caméra :
L'estime de soi c'est comme les protéines, ça ne se stocke pas, donc il en faut un peu tous les jours.
Stéphanie Cot, légion d'honneur du développement personnel

​​​​Regard de biais


Une seule chose essentielle:

Retournez. Votre. Smartphone.

… Avant de le fixer sur son pied ou trépied

La camera frontale (selfie) est de moins bonne qualité par rapport à la caméra dorsale
La première chose à créer en vidéo c'est le contact visuel .
En regardant votre retour selfie, vous ne vous adressez pas à votre interlocuteur
Ne regardez pas votre retour camera, regardez votre objectif.
Imaginez une vraie conversation : vous ne parlez pas à quelqu'un en contemplant son oreille, c'est pareil sur une camera 🙂
Avec l'objectif dorsal, vous ne serez pas tenté de vous regarder.

Pour vous aider à fixer l'objectif : papier ciseau stylo scotch. Découpez des flèches, ou la tête d'une personne que vous appréciez et collez-là près du cercle noir. Tous les moyens sont bons pour vous donner les bons réflexes. Adressez-vous à votre nouvel ami en papier placé prêt de l'objectif: ça peut être votre idole, votre mentor Martin, votre enfant ou bien Bill Murray... ça doit vous motiver.

Détail : sourire de temps en temps illumine le regard en plus d'être accueillant 🙂
Rien ne vous y oblige, certains de mes collègues trouvent ça non naturel. C'est vrai, devant un objectif on ne sourie pas naturellement.
Normal ce n'est pas une personne. Mais vous verrez avec Bill ou Martin si c'est concluant 🙂 
Ça donne une autre allure à votre énergie: entre sourire et faire une tête d'usager de métro parisien, le lundi 😀

Il faut quarante-sept muscles pour froncer les sourcils et seulement treize pour sourire.
Alors souriez, c'est plus facile.
Proverbe français, on sent le vécu


Votre message


Mettez vous en condition: inspirez et expirez lentement, plusieurs fois.

Entraînez-vous à dire les premières phrases et laissez passer les premiers fous rire et crises d'énervement s'ils viennent.
Si vous bafouillez, lors de l'enregistrement: n'arrêtez pas d'enregistrer. 
Continuez la vidéo.
Jusqu'au bout.
Arrêtez seulement de parler quelques secondes après le « drame » et reprenez là ou vous avez buté. Le silence laisse un blanc repérable pour la coupe au montage et ça passera sans reprendre la totalité de la vidéo.
Gain de temps.

Refaire la prise pousse à vouloir LA prise parfaite.
Mais le but ici est d'avoir une vidéo complète 🙂
Pas une vidéo parfaite.
Plus vous aurez l'habitude, moins vous aurez d'accident de parcours.
Les vidéos « one shot » ce sera pour plus tard. Sauf si vous pratiquez déjà 🙂

Supprimez si possible les « heu », « enfin voilà quoi », « bah ouais », c'est plus facile de couper au montage dans un silence que dans une hésitation.

Idem pour les adverbes usés jusqu'à la corde comme: clairement, fatalement ou effectivement... Ils pullulent dans les vidéos et n'en disent pas davantage. ​

J'en parlais dans le précédent article  Captiver sur internet : libérez de l'espace dans vos phrases. Comme dans la création de contenu écrit, faites des phrases courtes et simples. Faites-vous confiance et parlez à votre rythme normal.

Ajoutez des pauses.

A moins que vous ne soyez dans le divertissement, sur Youtube, branché sur le 220 et amoureux des jumps-cut ( quand les vidéastes coupent le moindre blanc présent dans la timeline).

Le silence apporte de l'intensité et de l'assurance. 

Pourtant on le craint.
A la radio ou sur internet. La moindre parcelle de silence est ensevelie sous des fonds sonores, des bruitages et des paroles.

« J'ai suffisamment confiance en ce que je dis pour ne pas avoir peur que tu me coupes la parole » Antoine BM, créateur de contenu, podcast-youtube

Ça tourne!


Vous êtes devant l'objectif, c'est l'heure.

Aidez-vous d'une liste à puces ( bullet point ) pour vous rappeler votre discours. N'écrivez pas la totalité, ça se ressent. Dans le débit de parole, dans les aller-retours du regard sur un texte ou un prompteur. Mais surtout vous perdez votre naturel. La préparation du texte se prête beaucoup plus aux voix off, aux contes.

Déconnectez-vous des notes tracées au fil à plomb quand vous faites une vidéo face caméra.
Ça ouvre la porte au perfectionnisme et celui-là est assez difficile à dégager...
Vraiment, vraiment difficile.
Et chronophage.

Créez une liste à puces pour vos points clés sur une petite fiche A6.
Placez cette fiche pas loin de l'objectif avec du scotch
( s'il vous en reste depuis qu'on l'utilise 🙂 )
Et développez à partir de ces points, sans filet . Habituez-vous.
Vous pouvez coller plusieurs anti-sèches pour que votre regard gambade à divers endroits. Ça restera toujours plus naturel qu'un prompteur. Ou bien prenez de temps en temps vos fiches dans les mains si vous êtes inquiet au début. Mais c'est mieux de vous en passer pour libérer vos mains. Ce qui compte c'est votre naturel et votre façon bien à vous d'aborder votre sujet avec votre énergie.

Développez et donnez des exemples.
Les exemples sont toujours appréciés, surtout s'ils sont croustillants.
C'est un point d'identification pour votre audience.
Entraînez-vous, ça reste très semblable à une discussion avec des personnes réelles. Quand vous parlez avec elles, vous abordez des points centraux.

Votre attitude est ce qui marquera le plus votre audience : votre gestuelle, vos réactions, vos intonations face à un interlocuteur en interview... Toutes vos émotions seront traduites à travers ses détails.
Et sur internet on taille des costards plus vite que la lumière.
Avec une armée d'abonnés ou pas 🙂

Choisissez votre audience en étant vous-même: au naturel vous déchirez après tout.

“Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé.”
Antoine de Saint Exupéry, le petit prince


Le dixième point enfin.

Le rythme


Une fois rodé, vous apporterez des changements de tons, de force, de débit, en fonction de votre sujet, ça casse également la monotonie. Ça vous rend imprévisible.
Gain d'attention.

A force de répéter que tout le monde n'est pas à l'aise devant la camera on fini par s'en convaincre.
Vous n'avez pas cette impression ?
C'est surtout le bouton publier qui devrait être terrorisant. Comme il ne vient qu'après le travail effectué: n'ayez peur qu'à ce moment là 😉
C'est une façon de vous mettre devant le fait accompli. De toute façon c'est tourné, compilé, et super bien nommé.

Qu'avez-vous à perdre ?
Que risquez-vous de plus horrible à part un bout de salade coincé entre les dents ou un vieil épi ?
Vous devez partager votre message avant tout. Je sais que là vous soupirez peut-être d'un profond scepticisme. Mais la répétition, la pratique et le temps viennent à bout de beaucoup de peurs. 🙂 

Après tout n'est-ce pas bon signe d'avoir le trac?

Sarah Bernard répondit à une jeune comédienne qui lui disait ne pas avoir le trac:
" Ne vous inquiétez pas cela vient avec le talent "

Ça c'est fait 😀

Conclusion et petit retournement


Ce qui compte c'est la qualité de ce que vous allez dire.

Tout le reste...

C'est du cosmétique.

Même s'il est important. Même si je l'ai abordé ici.
Il y a autant d'écoles de pensées et de styles pour la création de contenu vidéo/audio/écrit qu'il y a de types d'audiences.

Un seul incontournable c'est l'originalité.
Si votre travail ne retient pas l'attention, peu de gens savoureront la qualité de votre message et de votre expertise. Alors ces « détails cosmétiques » vous aideront à poser votre originalité en plus de transmettre votre extraordinaire contenu. Ces 10 fondamentaux vous permettront de commencer. Chaque point sera prochainement détaillé dans un article dédié ( en cours d'écriture, mais "la lumière" est abordée ici )

En attendant: à vous de jouer pour assembler votre créature et lui donner vie.

Pratiquez, ajustez, recommencez 🙂 ​

A très bientôt 🙂 

Merci encore de signaler tout lien mort dans les commentaires, afin de procéder à une éventuelle réanimation 🙂

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About the Author

Dans ce blog: les fondamentaux pour vous exprimer sur le web avec votre touche personnelle et sans chichi. Tout pour apprendre à communiquer, enseigner, informer efficacement. Création de contenu, montage, écriture et inspirations...  Le tout avec un peu d'humour et quelques dessins poilants.

  • « Votre attitude est ce qui marquera le plus votre audience : votre gestuelle, vos réactions, vos intonations face à un interlocuteur en interview… Toutes vos émotions seront traduites à travers ses détails.
    Et sur internet on taille des costards plus vite que la lumière.  » -S. Cot.

    Oui, percutant! Et ça me questionne: quelles sont les traces que je laisse? Vraiment, le rythme, la saveur des mots, le surprises aux tournants des phrases qui frappent et surprennent en grelots de rires, j’adore ton style et la réflexion tout la fois sans se prendre au sérieux. Du punch qui punch!

    – Nathalie Beaulieu
    Fondatrice, Le Salon TDAH et Apaisanteur

    • Stephanie dit :

      Merci Nathalie pour ton super message, c’est très très très encourageant 😀
      Rester soi, nature-peinture.
      Je viens d’ailleurs de relire en diagonale et je me rends compte que je n’applique pas toujours tout, mais le texte m’a mise de bonne humeur 😀
      Un grand merci pour ce rappel 😀
      Bises et à bientôt

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